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Livret personnel de compétence : ne le remplissons pas !!!

… peser le cochon tous les jours ne l’a jamais fait grossir…

jeudi 9 juin 2011

Le livret Personnel de Compétences issu de la Loi d’Orientation pour l’école de 2005 et dont la mise en oeuvre a été proclamée au BO du 08 juillet 2010, se met progressivement en place.

Le « Livret Personnel de Compétences »

… peser le cochon tous les jours ne l’a jamais fait grossir…

Le conseil syndical départemental du SNUipp-FSU 82 du 12 mai 2011 a décidé à l’unanimité de demander au conseil national du SNUipp-FSU de se positionner pour un boycott du livret personnel de compétences.

Suite au débat,le conseil national du 17 mai a lancé cette consigne auprès de l’ensemble des sections départementales et de tous les collègues.

Le SNUipp-FSU 82 appelle les enseignants à refuser d’utiliser le « Livret Personnel de Compétences » .

Ce livret concerne TOUS les enseignants.

Le passage obligatoire, dès la rentrée prochaine, au LPC numérique nous conduit à rejeter une bureaucratisation du métier excessive et sans objet.

Rien ne garantit , une fois les fichiers constitués ( LPC, base-élèves, SCONET et Affelnet ) , qu’une accentuation du populisme et de l’autoritarisme gouvernementaux ne fasse l’interconnexion en quelques clics.

Pour preuve, le recensement, via l’interconnexion de fichiers ministériels , des décrocheurs scolaires.... Ecouter le reportage d’Armelle Lévy à propos des décrocheurs scolaires sur RTL

La formation et la réflexion pédagogique autour de la notion de compétences doivent être développées.

Le projet de la commission européenne, et donc de tous les Ministres de l’éducation, rabaisse les ambitions du système éducatif à l’apprentissage simple des compétences de base, suffisantes, pour être un travailleur lambda. Il s’agit de faire en sorte que les systèmes éducatifs soient directement adaptables aux besoins économiques du marché du travail. L’Education ne peut pas devenir uniquement un instrument au service de l’économie.

Il est maintenant urgent que tous les collègues s’emparent des questions pédagogiques et déontologiques posées par ce livret personnel de compétences.

1) Sur un plan pédagogique :

* compétences et pratiques professionnelles : quelle doit être la place des compétences dans les apprentissages, quelle est-elle aujourd’hui ?

* compétences et politique éducative : quelles doivent être les finalités, quelles sont-elles aujourd’hui ?

* Au vu du nombre de compétences à valider pour chaque élève, n’est-ce pas le temps nécessaire à l’apprentissage qui se trouvera envahi par des évaluations permanentes ? Or, comme le rappelle la sagesse populaire, « peser le cochon tous les jours ne l’a jamais fait grossir » !

* Et le métier dans tout ça ? L’enseignant ne semble plus être un ingénieur-chercheur en pédagogie (ce que son niveau d’études lui permet), mais… un exécutant. Les missions que l’on assigne aux enseignants se limitent-elles au recentrage sur les fondamentaux ou sur les évaluations ? N’est-ce pas une incitation à se concentrer sur les items plutôt que sur les compétences ? L’évaluation apporte-t-elle des solutions ?

* La notion même de « compétences » fait débat : la validation de « compétences » sera-t-elle un jour concurrente des diplômes ? Le portefeuille de compétence ne serait-il pas un outil de recrutement plus facile à utiliser par les patrons ?

* Chaque compétence doit être validée… et datée. Or une compétence ne cesse de se construire. Pour Guy Le Boterf, c’est « une réalité dynamique, un processus, un savoir agir reconnu ». Valider telle compétence pour tel élève à telle date précise… voilà qui va mettre bien des enseignants dans l’embarras ! D’autant plus que les articles 2 et 6 de la Loi relative à l’Informatique, aux fichiers et aux Libertés stipulent que ne peuvent être mises en fichier que des données exactes, complètes et que le fichier doit être stable, ce qui ne peut être le cas concernant les compétences. Compétences que nous avons comme objectif de faire évoluer !

* La rémunération « au mérite » des enseignants pourrait-elle dépendre pour une part de la validation des compétences de leurs élèves ?

2) Sur le plan du fichage et des libertés : le livret version numérique

* L’enfant « enfermé dans son destin » ?

Les atteintes à la liberté des enfants :

Voici ce qu’en dit Albert Jacquard : « Un des aspects les plus insupportables de ce projet, tel qu’il a été présenté par la presse, est l’établissement d’un document qui suivra le jeune au long de sa scolarité : inscrit dans un registre ou sur un disque d’ordinateur, ce document, avatar du casier judiciaire, permettra, au moindre incident, d’exhumer son passé. […] Cet enfermement dans un destin imposé par le regard des autres est intolérable, il est une atteinte à ce qu’il y a de plus précieux dans l’aventure humaine : la possibilité de devenir autre. […] J’ai raconté au début de ce livre comment, passant durant l’Occupation sans livret scolaire d’un lycée à un autre, j’ai saisi au bond l’occasion de changer la définition que les autres donnaient de moi. J’en ai gardé la conviction que la liberté de chacun ne peut s’épanouir que si la société ne possède pas trop d’informations sur lui. » (« Laissez-moi devenir ce que je choisis d’être », A. Jacquard, Mon utopie 2006).

* Dépossession du livret scolaire… et « super CV » pour les salariés ? Le livret scolaire papier, actuellement propriété du jeune et de sa famille, appartiendra, avec le LPC ( et plus encore avec sa version numérique), à l’Etat et aux sociétés privées qui mettent en place les environnements numériques de travail (ENT) et les différentes applications de validations.

Le LPC est donc un « fichier » et non pas un « livret », qui n’a en réalité plus grand-chose de « personnel »…

Plus inquiétant encore, est la création d’un « Passeport orientation et formation », sorte de « super CV » alimenté par le livret personnel de compétences notamment, et qui n’appartiendrait plus aux salariés ! « Passée presqu’inaperçue, la loi n° 2009-1437 du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation tout au long de la vie a modifié le Code de l’Education et le Code du travail en reliant les deux. La loi institue pour les élèves un livret de compétences, expérimental jusqu’en 2012. La même loi (nouvel article L.6315-2 du Code du travail) institue, avec une dénomination standard européenne mais un contenu strictement identique le passeport orientation et formation. Ainsi renommé et prolongé pour la vie, le livret de compétences sera utilisé pour l’embauche et la carrière. » (Richard Abauzit, « Du marché du travail au marché des travailleurs ; Du livret ouvrier du XIXème au livret personnel de compétences du XXIème siècle, du berceau au tombeau », juillet 2010).

Pour alimenter le débat, vous trouverez en lien ci-dessous, un travail très complet conduit sur le LPC par le SNUipp de l’Isère.

Le SNUipp-FSU 82 demande aux collègues de lui faire parvenir toute contribution, réflexion, argument… pour poursuivre le débat. Pour accéder au site du SNUipp FSU de l’Isère et consulter le dossier réalisé par nos collègues, cliquez ici.

La motion du conseil des maîtres

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La lettre aux parents

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Lettre aux parents refus LPC
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