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n°13 du 14 novembre 2019

jeudi 14 novembre 2019

Au sommaire :

1 - RIS à Labastide St Pierre 2 - CONSULTATION DES DIRECTEURS-TRICES.

1 - RIS à Labastide St Pierre

(en lieu et place de celle prévue initialement à GRISOLLES le 12/11)

N’oubliez pas, c’est ce soir ! Les modalités pratiques d’inscriptions ICI !


2 - CONSULTATION DES DIRECTEURS-TRICES.

Suite au suicide de notre collègue Christine Renon et à l’émoi suscité par ce geste qui dénonçait les charges et conditions de travail des directeurs-trices, le ministre de l’Éducation nationale a lancé "un ensemble de travaux et de réflexions destinés à répondre aux enjeux et difficultés que peuvent rencontrer les directeurs d’école dans l’exercice de leur métier."

Le SNUipp82 fait le point sur ces annonces :

  • 1 : Des réunions de directeurs d’écoles volontaires seront organisées, dans toutes les circonscriptions.

Les directeurs-trices ont reçu par mail une invitation des IEN à participer à des "rencontres pour susciter l’expression des directeurs sur les thématiques identifiées : équipe pédagogique, relations avec les parents d’élèves, relations de travail avec la commune ou l’EPCI, relations de travail avec la hiérarchie, etc."

Susciter l’expression des directeurs ... jolie formule. Il ne reste plus qu’à espérer que ce ne soit pas une invitation à entendre la doxa institutionnelle mais bien un espace d’écoute et d’échanges.

Nous déplorons que cette réunion qui est une INVITATION se fasse hors temps scolaire et s’ajoute à la longue liste des réunions et animations déjà prévues. Nous rappelons que cette réunion n’est en rien OBLIGATOIRE et ne sera pas compensée.

Doit on y aller ? Chacun-es prendra ses responsabilités. Mais quitte à y aller autant faire entendre vos revendications avec force.

Nous en profitons pour éclaircir quelques points dans la suite de l’article.


  • 2 : un moratoire a été décidé, jusqu’à la fin de l’année civile, sur toutes les enquêtes pour lesquelles ils-elles auraient pu être sollicité-e-s.

Suspension des enquêtes pour lesquelles les directeur-trices sont sollicités. Vous noterez qu’on n’évoque pas d’annulation. Et vous noterez l’ironie de ce moratoire quand on demande aux directeur-trices de répondre par un QUESTIONNAIRE à leurs conditions de travail.

Ce genre de promesse a déjà été fait par le passé et puis cela tombe aux oubliettes.

Mais cerise sur le gâteau, relisez bien le titre : jusqu’à la fin de l’année civile !!! Il fallait oser !! Sachant que nous sommes le 14 novembre et que les vacances sont le 20 décembre... Le ministère voudrait paraître méprisant qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

Mais ce n’est pas fini...


  • 3 : une journée supplémentaire de décharge a été allouée, pour tous les directeurs d’école, sur la période novembre - décembre 2019.

Dans sa grande mansuétude, le ministre nous accorde 1 journée de décharge ... mais pas par semaine, juste là, une fois, pour l’annonce. Ce n’est pas la période la plus chargée pour la direction, par contre, les remplaçant.e.s sont normalement bien occupé.e.s en ce moment. Bon courage aux circos pour l’organisation de cette journée... et bon courage aux directeur-trices qui vont devoir préparer leur journée pour les remplaçants afin de "bénéficier" de cette journée de décharge.... Allègement des tâches, vraiment ?

Et vous vous souvenez de la "simplification des tâches" ? PETIT RAPPEL :

L’ axe « simplification des tâches » a fait l’objet d’une concertation nationale pilotée par le secrétaire général du ministère, en s’appuyant sur les travaux menés avec la Dgesco et en collaboration avec les autres directions concernées, les inspections générales et les représentants de tous les niveaux de pilotage en académie.

Le protocole national élaboré dans ce cadre et prévu pour une mise en œuvre à partir de la rentrée 2014 a défini deux principaux objectifs d’amélioration :

- l’amélioration des ressources juridiques et administratives mises à la disposition des directeurs ;

- l’amélioration des outils de gestion et de communication de l’école.

Pour les effets et résultats qu’on connaît. Cette opération de com-fausse concertation doit être condamnée rapidement et notamment au regard des travaux menés dans les groupes de travail simplification des tâches qui semblent soudainement ignorés. Le ministre est-il embêté pour dire qu’ils n’ont servi à rien ?


  • 4 : Le 13 novembre, un questionnaire a été adressé à tous les directeurs d’école.

Le meilleur pour la fin, le questionnaire ! Ouvert en ligne jusqu’au 1er décembre "anonyme et confidentiel" et sa trentaine de questions.

Là, on frôle quasiment l’insulte. Petit florilège :

- Question 14  : il est demandé aux directeur-trices s’ils travaillent "moins de 10 heures" par semaine avec un maximum de 30 heures par semaine : les directeurs se plaignent de semaines de 50 ou 60 heures. Complètement déconnecté de la réalité du terrain. Presque indécent...

- Question 19 : Incroyablement risible ...que signifie ce "prioritairement" ? Vous préférez avoir un ordinateur OU une connexion internet ? ....

Et surtout : ce sont les communes qui sont responsables de l’équipement !

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- Question 16 : Elle veut définir les tâches du directeur-trice et omet le harcèlement bureaucratique dont il sont victimes, ce qui est pourtant ce qui revient très souvent en premier dans les propos de ces personnels.

- Question 23 à 26  : Aaaaah voilà où le ministère veut en venir : La question du statut.

"Estimez vous que votre autorité est reconnue par "les enseignants, les intervenants, les non enseignants, les IEN" :

le directeur n’a autorité sur aucune de ces personnes et la réponse ne peut être que négative.

"souhaitez vous être associé à l’évaluation des professeurs" .

Le masque tombe.

Ce n’est pas une revendication des directeur-trices. Juste une charge en plus. La formule fait allusion aux conclusions du rapport Rilhac qui demande un vrai statut de directeur pour les grosses écoles sans qu’on sache bien ce que deviennent les autres. La perspective d’utiliser la crise des directions pour mettre en place un nouvel échelon hiérarchique se dessine.

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Et puis non vous n’avez pas rêvé...

RIEN SUR LA REVALORISATION SALARIALE, RIEN SUR LES DÉCHARGES, RIEN SUR LES AIDES ADMINISTRATIVES.


  • 5 : "Pour critiquer y’a du monde mais vous proposez quoi, vous ?"

Très juste Auguste !

Les préoccupations actuelles des directeurs et directrices sont connues tout comme celles des adjoints et adjointes. C’est la raison pour laquelle ont été remises au ministre par le SNUipp FSU 15 mesures urgentes ! (en Pièce Jointe)

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Nous conseillons aux directeurs/trices qui souhaitent participer à ces réunions d’y aller muni.e.s d’un "cahier de doléances", préalablement laissé dans la salle des maîtres afin que les adjoint.e.s le complètent. Rappelons que la dégradation des conditions de travail, la perte de sens du métier, la complexification des tâches ou encore la question salariale ... sont des préoccupations qui touchent aussi les adjoint.e.s.

Nous proposons aussi pour animer vos réunions et remplir vos questionnaires la prise en compte des 5 points suivants :


  • 1 - Une aide au fonctionnement de l’école, assurée par des personnels qualifiés pour à la fois améliorer les conditions de travail des directrices et directeurs d’école et le fonctionnement de l’école.

  • 2 - Une réelle formation continue de qualité sur notre temps de travail.

  • 3 - Une revalorisation salariale

Augmentation de la bonification indiciaire en lien avec une augmentation générale des salaires des PE au regard des missions qui leur sont confiées et des responsabilités qui leur incombent.


  • 4 - Du temps de décharge supplémentaire.

1 à 3 classes : 1/4 de décharge

4 à 6 classes : 1/2 décharge

7 à 9 classes : 3/4 de décharge

10 classes et + : Décharge totale


  • 5 - La question du statut hiérarchique.

Dernier point, même s’ils estiment ne pas être des enseignants comme les autres, les directeur-trices interrogé-e-s dans le cadre des états généraux organisés par le SNUipp FSU, pensent largement que le statut, lié à l’autonomie des établissements n’est pas la solution pour résoudre les problèmes qu’ils rencontrent.

À l’inverse, ce statut renforcerait leur isolement, alourdissant encore leurs missions, leur donnant des responsabilités qu’ils n’auraient pas les moyens d’exercer véritablement. Qui dit statut dit également renforcement des relations managériales alors qu’ils veulent s’appuyer sur le collectif du conseil des maîtres qui est très protecteur. Le statut imposerait aux directrices et directeurs une mobilité qui va à l’encontre du besoin de stabilité du personnel dans les écoles.

Enfin, dans le cadre des EPLE, les directeurs/trices deviendraient les adjoint.e.s des chefs d’établissement sous l’autorité desquel.le.s ils/elles seraient placé.e.s. A coup sûr, une véritable position de décisionnaire : pile poil entre le marteau et l’enclume !

Nous devons crier haut et fort que le fonctionnement et la direction d’école n’est pas la seule préoccupation des directeurs mais qu’elle est aussi celle des adjoint.es.

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