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n°50 du 26 mai

stop au mépris, chsct, direction

mardi 26 mai 2020

1- Mépris de la mairesse de Montauban : la FSU 82 réagit !

Communiqué de presse de la FSU 82 (20 mai 2020) : L’éducation vent debout, consternée et atterrée suite aux propos de Mme Barèges, maire de Montauban

Comment ne pas évoquer la situation tendue et délicate dans les écoles de Montauban ? Nous tenons à vous faire part de notre profonde indignation et de notre extrême colère face aux propos de Mme Barèges, maire de cette commune. Si nous avions analysé la sagesse de sa décision de ne pas rouvrir les établissements scolaires préférant attendre une mise en place dans des conditions sanitaires suffisantes, nous sommes contraints de revenir sur notre jugement. Mépris, colère, diffamation… Les dizaines de réactions que nous avons reçues et continuons de recevoir montrent l’état d’esprit de nos collègues. Nous ne pouvons accepter d’être déconsidéré-e-s par une élue et exigeons une réaction forte de la part M. le DASEN en marquant son soutien auprès des enseignant-e-s par un courrier et une prise de position forte pour faire cesser ce dénigrement malsain. La mairie assure être prête, loin s’en faut quand on voit la situation dans les écoles !

M. le DASEN entend apporter son franc soutien aux équipes enseignantes et se dit indigné et profondément choqué. Il précise qu’il lui est impossible de communiquer publiquement. Nous le faisons donc au nom de tou-te-s nos collègues.

Mme Barèges prétend qu’« Il semblerait que plus du tiers d’entre eux n’aient pas repris leur activité, étant soit en arrêt maladie, soit en décharge syndicale. »

Waouh, tout ça !??? Les chiffres sont pourtant clairs. A ce jour, 26 enseignant-e-s des écoles montalbanaises ont signalé être des personnels vulnérables ou sont en arrêt maladie (qui pourrait le leur reprocher ?). Rappelons que les personnes vulnérables sont en télétravail, tout comme celles qui ont demandé à bénéficier d’une Autorisation Spéciale d’Absence pour s’occuper de leur enfant. De plus, en tout et pour tout, 2 enseignantes bénéficient d’un temps limité de décharge syndicale. Et leurs services sont compensés. Qui peut reprocher l’exercice du droit syndical ?

26 + 2 = 28 ! Sur les 280 enseignant-e-s affectées dans les écoles montalbanaises. On est bien loin du 1/3 évoqué...

Il est clairement inadmissible d’annoncer un taux sciemment mensonger et qui ne vise qu’à discréditer les enseignant-e-s et les militants syndicaux. Nous demandons des excuses publiques. Les nombreux commentaires sur les réseaux sociaux témoignent du soutien de nombreuses et nombreux concitoyen-ne-s. Nous les remercions vivement, en tant qu’enseignant-e-s et en tant que représentants syndicaux.

Nous étudions toutes les possibilités pour envisager une action en justice pour dénoncer ces propos.

2- CHSCT du 20 mai 2020 : point sur la réouverture des établissements

  • La déclaration intersyndicale FSU-Sgen-Unsa
  • 7 avis votés par le CHSCTsd 82 (masque, protocole, EPS,...)
  • Des réactions concernant la situation des enseignant-e-s de Montauban.
  • Les exigences des membres du CHSCT ...

Tout est là !

Encore et toujours, notre KIT pour avoir toutes les infos sur COVID

3- Direction d’école : prise de position

Nous n’avons pas besoin d’un·e chef·fe, nous avons besoin d’une équipe !

La crise sanitaire permet à Jean-Michel Blanquer de faire avancer à grand pas son projet néolibéral pour l’école. La semaine dernière, les députés LREM, profitant de la valorisation médiatique de l’engagement des directeurs et directrices pendant la crise du coronavirus, ont déposé un projet de loi sur la direction d’école.

Ce projet pour une école libérale aux techniques managériales met en avant les enseignant·es en charge de direction et les qualifie de "chef·fes d’orchestre qui mettrait en musique la partition de chacun pour créer une symphonie harmonieuse où chacun peut s’épanouir." Il leur promet l’arrêt des APC, une décharge totale à partir de 8 classes, une augmentation de leur bonification indemnitaire et un avancement spécifique de carrière accélérée.

Une fois ces carottes brandies, le projet de loi étend les pouvoir des directeurs et directrices qui deviennent décisionnaires sur le plan pédagogique comme sur celui de la vie de l’école. Sans être le responsable hiérarchique, ils et elles auraient autorité pour prendre des décisions et sur les personnels sous leur responsabilité. Certaines missions sont explicitées mais de nombreuses autres s’ajouteront aux existantes. Et ce n’est pas la formation promise ni la certification qui allégeront le travail, donneront du temps ou amélioreront les collectifs de travail dans les écoles.

La généralisation des postes à profil n’a pour but que de permettre aux hiérarchies de positionner sur ces postes ceux et celles jugé·es loyaux envers les injonctions ministérielles et de les imposer dans les écoles. Le statut, qui avait été rejeté par une très large majorité de la profession, n’apparaît donc plus mais le fait que les directeurs et directrices aient autorité pour prendre des décisions sur les personnels risque de créer autant de tensions et conflit au sein des écoles. Diviser pour mieux régner. Or, en cette période de crise, ce qui ressort c’est que si les directrices et directeurs d’école sont épuisé·es c’est principalement qu’ils et elles ont été les seul·es interlocuteur·trices des IEN, DASEN et Recteurs·Rectrices et donc les seul·es à devoir absorber les consignes et injonctions hiérarchiques.

Le suicide de Bruno Delbecq, directeur dans le Var, fait évidemment écho à celui de Christine Renon et nous rappelle combien rien n’a changé ! Presque partout, les IEN ont fait une fois par semaine des classes virtuelles avec les directrices et les directeurs, jamais les échanges entre elles et eux n’ont été aussi nombreux. Cette position les a éloigné·es des équipes puisque que le lien au sein du lieu école n’existait plus. L’isolement a par la force des choses été renforcé. Cette situation a encore été accentuée quand est venue l’heure de la reprise et de la mise en œuvre du protocole sanitaire. Une nouvelle fois les directrices et directeurs ont géré avec les municipalités l’organisation et le cadre de la reprise. Trop souvent cela s’est fait dans l’urgence et les conseils des maitres·ses n’ont pas partout été sollicités pour construire le retour à l’école alors que dans beaucoup d’école cela aurait éviter de nombreux moments de tensions.

C’est bien pour rompre l’isolement et répartir les pressions que les conseils de maitres·ses doivent se tenir, construire et porter collégialement les décisions dans toutes les écoles. Il s’agit de permettre de faire fonctionner au mieux les écoles sachant que, dans le contexte actuel, l’école que nous voulons, celle qui favorise la réduction des inégalités, n’existe pas encore et que nous devons la construire.

Nous devons regarder avec attention l’état actuel de l’École pour comprendre où en sont les enseignant·es :

- une partie des élèves est toujours à la maison, partie plus ou moins importante selon les écoles,

- une partie des élèves est de retour à l’école, souvent à temps partiel. Mais là encore les conditions d’accueil et donc d’enseignement n’ont plus rien à voir avec ce qu’elles étaient avant le 16 mars.

Il faut être clair, depuis le début du confinement il n’est pas possible d’appeler enseignement le travail des enseignant·e·s en direction de leurs élèves.

Alors où en sont les apprentissages pour l’ensemble des élèves ? Comment penser ce que devra être l’école de demain pour avancer sur la réduction des inégalités scolaires alors que la véritable relation pédagogique enseignant·e / élèves ne peut se faire ni à distance ni à l’école en groupes déstructurés ? La relation pédagogique ne peut se faire actuellement dans les écoles du fait d’une multiplicité de facteurs dus à la mise en œuvre du protocole sanitaire : modification des groupes classe, changement d’enseignant·e, impossibilité d’interagir créant donc une modification de la relation élève / enseignant·e et une absence des interactions entre élèves, élèves et enseignant·e constamment sur le qui-vive pour maintenir le respect des gestes barrières entraînant une augmentation des contrôles et des pressions de l’enseignant·e envers les élèves, …

Pour tous·tes les enseignant·es des écoles, qu’ils et elles soient adjoint·es ou directrice·teurs, cette situation entraîne une perte de sens du métier qui génère frustration et insatisfaction malgré le plaisir de retourner en classe. A cela s’ajoute le stress et la nervosité liés à la crise sanitaire, aux contradictions institutionnelles et aux pressions des familles.

Voilà donc le contexte dans lequel les équipes se trouvent depuis le 11 mai. Et au lieu de favoriser le travail en équipe et les échanges entre collègues, l’institution, du ministre aux IEN ne font que solliciter encore et toujours plus les directrices et les directeurs allant jusqu’à remettre sur le devant de la scène une proposition de loi qui les isolera toujours plus, sans pour autant leur permettre d’avoir plus de temps pour travailler réellement à ce qui fait sens et manque pourtant cruellement : du temps pour l’animation de l’équipe pédagogique et la possibilité d’avoir un personnel administratif pérenne, formé et avec un statut de fonctionnaire.

Et pourtant, le travail en équipe permettant le partage des informations, des tâches mais aussi la possibilité d’assumer collectivement les décisions aurait permis et permettra non pas d’éloigner les directrices et les directeurs des équipes mais au contraire de leur permettre d’en faire pleinement parti.

Dans ce projet de LREM, peu de place aux allègements véritables des tâches de direction que l’ensemble de nos collègues demandent depuis trop longtemps, il y est proposé :

- pour l’aide à la direction : une aide de conciergerie ou une aide administrative mise à disposition par la commune à la demande du conseil d’école.

- pour alléger les tâches : pas d’organisation ni matérielle ni par correspondance des élections s’il y a une liste unique des représentants de parents d’élèves.

- l’allègement de responsabilité : le PPMS sera pris en charge par des personnels compétents en matière de sécurité.

Autant dire que comme nous le savons déjà, ce projet de loi ne répond en rien aux préoccupations et ne résout pas l’épuisement de nos collègues en charge de direction. La multiplication des tâches à accomplir ne connaîtra d’allègement que dans leur répartition au sein de l’équipe enseignant·es et dans la suppression des taches inutiles. Ce projet nie la dimension collégiale du fonctionnement des écoles. Avec ce projet, LREM viendrait à bout des démocraties que sont nos écoles, nulle part ne sont en effet mentionnés les mots conseil des maitres·ses, nulle part du temps est octroyé pour plus de travail d’équipe et c’est pourtant bien de cela dont l’école et les enseignant·es ont besoin !!

Le SNUipp-FSU doit rapidement communiquer sur l’état de la profession et sur la nécessité de l’ouverture d’un chantier sur la direction d’école et les missions du conseil des maitres·ses en mettant en avant nos mandats que nous savons portés par la profession mais qui sont néanmoins mal connus : valorisation du travail en équipe, allègement des tâches des enseignant·es en charge des missions de direction, rôle central du conseil des maitres·ses dans le fonctionnement des écoles, ...

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