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Rentrée du 2 novembre 2020 : STOP à l’impréparation !

jeudi 29 octobre 2020

En rapport avec la reprise du lundi 2 novembre et du contexte actuel :

- Notre communiqué de presse du 29 octobre (SNUipp-FSU 82)

- Le communiqué du SNUipp-FSU national du 29 octobre

Le communiqué de presse du SNUipp-FSU 82 (29 octobre)

Le voici en PDF ou ci-dessous dans l’article :

Communiqué de presse SNUipp FSU 82 - 29 ocotbre 2020

Une rentrée dans l’inquiétude et la précipitation, par manque d’investissement dans les Services Publics.

Le SNUipp-FSU 82, principal syndicat des professeurs des écoles et AESH, a écouté attentivement les annonces du Président Macron. Elles appellent plusieurs remarques de notre part :

  • La fermeture des écoles n’est effectivement pas souhaitable (pour ne pas reproduire les dégâts du printemps dernier), mais la rentrée des classes lundi ne peut se faire sans réelles garanties sanitaires pour protéger les personnels, les élèves et leur famille. L’annonce floue d’un « protocole sanitaire renforcé » ne nous rassure absolument pas à 3 jours de la rentrée ! Dès lundi, il faut fournir des masques chirurgicaux aux agents (et non des masques grand public peu protecteurs), permettre aux personnels vulnérables de rester chez eux et renforcer le nettoyage des écoles. Très rapidement, il faut aussi recruter des enseignant-e-s pour diminuer les effectifs par classe, investir dans les locaux scolaires pour assurer l’aération et la présence de points d’eau. Bref, tout ce qui n’a pas été fait ces derniers mois par notre ministre, plus efficace en effets d’annonce qu’en effets tout court !
  • La contradiction entre le confinement national strict et le maintien des écoles ouvertes est insupportable  : le virus serait donc comme le nuage de Tchernobyl et s’arrêterait aux portes des écoles et des lieux de travail ! Nos libertés, nos vies sociale et familiale, nos activités culturelles et sportives sont fortement restreintes alors qu’en parallèle, rien n’a été fait pour préparer l’Hôpital public à la crise sanitaire. Nous ne pouvons plus accepter qu’on pointe du doigt des comportements individuels en balayant d’un revers de main les contaminations en milieux scolaire et professionnel.
  • Le gouvernement porte une lourde responsabilité dans cette situation, il n’a rien anticipé par manque d’investissements publics ! Contrairement au mois de mars où le virus a surpris tout le monde, la probabilité d’une « 2ème vague » était annoncée par les scientifiques. Pour être en capacité d’y répondre, il aurait fallu investir massivement dans l’Hôpital public et dans l’École publique notamment.

Au contraire, le ministre Blanquer a communiqué, en août et septembre, sur « une rentrée normale ». Il a tellement allégé le protocole sanitaire qu’il se limite actuellement au port du masque pour les seuls adultes (pour les élèves seulement à partir du collège). Par la suite, il s’est même avéré que les masques fournis par l’Éducation nationale étaient peu protecteurs et potentiellement toxiques. De même quand l’Observatoire de la sécurité a signalé le manque de points d’eau dans les écoles, le ministère a tout simplement décidé de supprimer cet organisme plutôt que répondre aux besoins sanitaires !

L’annonce du port du masque obligatoire pour les enfants à partir du CP « masque » les errances gouvernementales. Les activités pédagogiques vont être perturbées. En outre, nous demandons que ces masques soient fournis gratuitement par l’État.

=> Comme au printemps, les enseignant-e-s seront encore au rendez-vous pour assurer leur mission. Mais nous n’acceptons vraiment plus d’être méprisés, mal protégés et ballottés d’une annonce à l’autre !

Il est inconcevable que les enseignant-es, les AESH et tous les personnels qui travaillent dans les écoles aient à mener à bien cette mission de service public d’éducation sans avoir l’assurance d’être protégés. Les enseignant-e-s n’ont pas de masques appropriés, il ne peut y avoir distanciation dans les classes et l’insuffisance de points d’eau ne permet pas d’assurer un lavage des mains aussi régulier que nécessaire.

Aussi, pour le SNUipp-FSU 82, ouvrir l’école doit s’accompagner d’un protocole sérieux et de moyens supplémentaires qu’ils soient sanitaires (masques chirurgicaux type 2...), humains (recrutements supplémentaires d’enseignant-es pour accueillir les classes en demi groupes, comme cela s’est fait dans d’autres pays…) , matériels et financiers (prise en charge des frais postaux pour les élèves ne pouvant revenir à l’école pour raison médicale…), ou encore politiques (priorité et régularité des tests COVID, liberté d’organisation du temps scolaire aux équipes…). Auxquels doivent s’ajouter le port du masque dès 6 ans, le nettoyage renforcé des locaux scolaires, la fourniture de gel hydro-alcoolique dans chaque classe, l’installation de sanitaires supplémentaires, la fermeture de classe en raison de cas COVID positif détecté, et l’interdiction du brassage des élèves sur le temps scolaire et périscolaire.

Organiser la reprise du lundi 2 novembre ne doit pas être géré sans préparation. Pour cela, il est nécessaire de banaliser du temps pour que les professionnels (de l’éducation mais également des collectivités territoriales) se concertent pour prévoir les conditions les plus réfléchies possibles. L’organisation de cette journée doit être laissée à la main des équipes. Rien ne doit être fait en urgence et surtout pas par les seul-e-s directrices-eurs d’école, avant lundi, sur leur temps de congés.

Aucune étude sérieuse ne prouve à ce jour l’absence de contamination de l’enfant vers l’adulte, mais l’étude publiée dans "The Lancet" ce 22 octobre montre bien que “la fermeture des écoles est une des mesures qui vise le plus à réduire les transmissions du coronavirus", il serait donc irresponsable de laisser les écoles ouvertes dans les mêmes conditions qu’à la mi-septembre.

Pour le SNUipp-FSU 82, l’école doit certes continuer mais sans péril pour la santé des adultes qui y travaillent, des élèves et de leurs familles respectives. L’école n’est pas une garderie, les enseignant-es ne sont pas des soignant-es. Pas de garanties sanitaires supplémentaires, pas d’école !

Dans ce contexte, le SNUipp-FSU 82 dépose dès aujourd’hui une alerte sociale auprès de l’Inspecteur d’Académie du Tarn-et-Garonne. Cette étape est un préalable au dépôt d’un préavis de grève. Nous sommes et resterons vigilant-e-s sur les conditions de travail des personnels de l’éducation, qui traversent, au même titre que l’ensemble des citoyen-ne-s, une période délicate et anxiogène.


Le communiqué de presse du SNUipp-FSU national (29 octobre)

Alors qu’il est nécessaire de maintenir les écoles ouvertes tant que les conditions sanitaires le permettent, cela ne doit pas se faire au détriment de la santé des élèves, des personnels et de la société dans son ensemble. Des aménagements doivent être réalisés de manière urgente, comme le dédoublement des groupes classes, réclame le SNUipp-FSU.

« Il est donc grand temps que le ministère active la première hypothèse du plan de continuité pédagogique avec l’accueil de demi-groupes d’élèves permettant ainsi distanciation physique et non brassage », indique le SNUipp-FSU dans son communiqué. « L’autre partie des élèves pouvant être accueillis par des structures périscolaires avec une rotation des groupes qui permet une scolarisation à mi-temps de tous les élèves ». Aussi, dans ce nouveau contexte particulier à plus d’un titre, le syndicat réclame que « la rentrée des élèves soit repoussée au mardi 3 novembre dans les conditions prévues pour rendre hommage à Samuel Paty ». Le communiqué Il faut cesser avec cette impréparation permanente de l’école

Le maintien, tant que la situation épidémique le permet, de l’ouverture des écoles est nécessaire pour ne pas encore davantage accroître les inégalités scolaires, notamment pour les enfants des familles populaires, comme pour maintenir le rôle social de l’école. Le maintien de ce nécessaire lien scolaire nécessite plusieurs conditions. Il ne faut mettre en danger ni les élèves, ni les personnels et ni la société au final.

Il est donc grand temps que le ministère active la première hypothèse du plan de continuité pédagogique avec l’accueil de demi-groupes d’élèves permettant ainsi distanciation physique et non brassage. L’autre partie des élèves pouvant être accueillis par des structures périscolaires avec une rotation des groupes qui permet une scolarisation à mi-temps de tous les élèves. Le ministère doit également fournir tous les équipements nécessaires à une bonne protection des personnels et des élèves (masques chirurgicaux, gel hydroalcoolique, nettoyage, sanitaires en nombre suffisants, moyens d’aération renforcés…), sans oublier le retour à une mise à l’abri des personnels vulnérables. Le port du masque par les élèves en élémentaire ne pourrait remplacer la distanciation et le non-brassage, il ne pourrait que simplement s’y ajouter. Pour préparer cette rentrée des vacances d’automne dans ce nouveau contexte, la rentrée des élèves doit être repoussée au mardi 3 novembre dans les conditions prévues pour rendre hommage à Samuel Paty.

Dans le cas où la circulation du virus nécessiterait une fermeture des écoles le ministère doit anticiper et fournir aux élèves et aux personnels les moyens matériels d’un maintien du lien scolaire à distance.

Le gouvernement n’a rien anticipé et n’a pas investi dans l’école en recrutant des personnels permettant une baisse des effectifs ou en aménageant les locaux (sanitaires et moyens d’aération notamment). Le ministère n’a pas non plus donné du temps aux équipes pédagogiques pour anticiper et se préparer à toutes les hypothèses du plan de continuité pédagogique. Il a préféré alléger le protocole sanitaire et évoquer une “rentrée normale”... Il faut cesser avec cette impréparation permanente que l’école, les élèves et les personnels subissent depuis mi-mars.

Paris, le 29 octobre 2020

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